RIGHT FOR ALL - DROIT POUR TOUS  
    Français English العربية    
 
   
 
 
 
 
 
 
•   Evènements & communiqués
Un an après : je crois toujours en la résistance, Said Al-Yacoubi
27/09/2015
Un an après : je crois toujours en la résistance, Said Al-Yacoubi

J’étais au Royaume-Uni cet été, pour huit semaines, pour un stage à l’école de médecine de l’Université d’Oxford. Et bien sûr, partout où nous, Palestiniens, voyageons, en particulier ceux qui viennent de Gaza, nous sommes confrontés à des questions du genre : « tu es d’où ? Du Pakistan ? ». Ou des questions plus élaborées telles que « pourquoi les Palestiniens continuent de lancer des roquettes et de pousser Israël à répondre avec son immense armée ? »

Ma réponse à la seconde question sera toujours la suivante :

L’Histoire a montré que toutes les nations et tous les peuples qui ont connu l’occupation ou une autre forme d’injustice systématique  ont résisté. Pensez aux Noirs Sud-Africains, aux Algériens sous la botte des Français voire même aux Américains et aux Anglais. Ils ont résisté pendant des décennies contre ce qui semblait impossible. Dans chaque cas, ils ont fait face à une force disproportionnée et écrasante. Dans des confrontations aussi asymétriques, la nation occupée fini toujours par gagner sur le long terme - une manifestation de leurs hautes qualités morales. L’unique et tragique exception ce sont les Amérindiens.

Un autre exemple : la guerre du Vietnam a duré plus de 20 ans - et plus si on compte l’occupation française avant que les Etats-Unis n’interviennent. Les Américains ont envoyés des milliers de soldats pour soutenir le Sud contre le Nord, appuyant un dirigeant corrompu. Après une campagne intensive de bombardements dans le Nord du Vietnam, le résultat final a été le retrait total des Américains. Pas un seul objectif américain n’a été atteint. Perte et dévastation ont été les seules conséquences.

C’est inapproprié de comparer les pertes américaines avec les victimes vietnamiennes. Oui, les Vietnamiens ont perdu presque tout et ont pâti d’une destruction massive de leur terre. Toutefois, la guerre a fini avec ce que les Vietnamiens voulaient au départ : l’unité et l’indépendance. Le Nord et le Sud du Vietnam sont devenus UN, avec un gouvernement indépendant.

Il a été dit que « les Vietnamiens n’ont pas gagné les batailles mais ont gagné la guerre ». Ceci décrit parfaitement notre situation ici en Palestine.

Pendant l’attaque contre Gaza de 2014, de nombreux étrangers, même des militants humanitaires, se sont demandé pourquoi les Palestiniens continuaient de se battre alors que nous subissions autant de morts et de blessés (plus de 2100 Gazaouis tués contre 71 Israéliens). Ceci est la nature de la colonisation et de l’occupation oppressive. La résistance algérienne a connu des pertes colossales, comparé aux pertes de leurs occupants, puissants militairement. En termes de force, l’avantage militaire pend toujours du coté de l’occupant, mais le réel pouvoir est du côté de la résistance.

Les Israéliens ont tout à perdre, et nous n’avons plus rien à perdre. Nous ne baisserons jamais les bras parce que notre existence est en danger, et ceci est un état d’esprit qui ne peut être vaincu.

La résistance, ce n’est pas le fait de gagner chaque bataille. Ce qui est important c’est de ne jamais cesser de résister. Ce qui est important c’est de ne jamais accepter les termes de l’occupation. Ce qui est important c’est de se battre à faire tomber le joug par tous les moyens à disposition.


                                                       Illustration de Belal Khaled, Gaza

L’occupation est la racine du problème; la résistance est la réaction. Pour la Palestine, la résistance n’est pas un choix, c’est une obligation et une nécessité. L’histoire a prouvé cette réalité et notre présent le démontre encore une fois. Eviter la violence est un idéal, mais c’est difficilement possible lorsqu’il s’agit de résister à un oppresseur brutal, violent. Même si les mouvements de luttes pour les droits civils sud-africains et noirs américains sont connus pour leurs actions non-violentes, ils ont été également poussés, à certains moments, à répondre par la violence.

Dans ces différents cas, nous savons définitivement qui a gagné la guerre et qui l’a perdu. Dans le cas de la Palestine, et le conflit et les questions doivent encore être résolus. Ce qui est constant c’est que les Palestiniens ne provoquent pas ce conflit et que notre plus grand désir est qu’il cesse. Mais tant que l’oppression persiste, nous n’avons pas d’autre choix que de nous défendre becs et ongles.

Pendant la dernière agression brutale de l’été 2014, nous avons résisté avec dignité et honneur. Nous ne nous sommes pas rendus au premier missile lancé ni à aucun moment durant les 51 jours qu’ont duré les crimes de guerre. Nous ne nous sommes pas contentés de crier et de demander de l’aide ; nous nous sommes défendus. Nous avons fait face à nos attaquants et nous nous sommes durement battus. Nous les avons surpris par notre courage et notre détermination. Nous le sommes toujours.

Nous sommes la seule nation à avoir été occupée pendant plus de 65 ans. Pour cette raison, et en mémoire à tout ce qui nous a été volé, nous sommes prêts à endurer encore 65 autres années, sans capituler. Nous sommes prêts à tout perdre pour rétablir notre terre et nos droits. Ils détruiront, nous reconstruirons. Ils tueront, nous renaîtrons. Nous persisterons à croire que, à un moment donné, l’histoire sera écrite par la résistance, non pas par l’occupant.

 

Said Al-Yacoubi 

Traduis de l’anglais : http://wearenotnumbers.org/home/Story/85

 
Gaza: deux ans plus tard

Voilà près de deux ans que l'armée israélienne a lancé l'opération bordure protectrice sur la bande de Gaza. Cette guerre, faisant plus de 2200 morts Palestiniens dont 1444 civils en l'espace de 50 jours contre 63 Israéliens dont 3 civils, avait été déclenchée officiellement en réponse au meurtre de trois jeunes israéliens. Gaza, bien qu'ayant été la « scène » de deux précédentes guerres récentes, n'en avait jamais connu d'aussi meurtrière. L'État d'Israël a, une fois de plus, violé le droit international  en s'attaquant aux civils et en leur infligeant une punition collective.

 

Lire la suite   
Les conditions de vie d'un prisonnier palestinien

Mohamed Al-Qiq, 33 ans, journaliste palestinien emprisonné en Israël est en grève de faim depuis plus de deux mois. Ce cas n’est malheureusement pas une exception, et tend même à devenir une pratique courante dans les geôles israéliennes.  Pour dénoncer les nombreuses privations et injustices auxquels ils sont soumis et face à l’indifférence affichée par la communauté internationale, les prisonniers et détenus palestiniens n’ont guère le choix que de mettre leur vie en danger pour se faire entendre.

Lire la suite   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
Conception XMMX Design - Seconde Hébergement