Deux organisations européennes appellent les autorités palestiniennes à Gaza à tenir compte de l’agression par leurs forces de sécurité de trois journalistes.
L'Observatoire Euro-Méditerranéen des droits de l'Homme, et l'association "Droit Pour Tous" condamnent l’attaque des services de sécurité dans la bande de Gaza contre trois journalistes lors d'une cérémonie de mariage qui a eu lieu dans la bande de Gaza jeudi dernier.
Les deux associations relatent, dans une déclaration officielle, le vendredi 9 Mars, qu’un agent de sécurité avait commencé à pousser les journalistes violemment alors qu'ils se tenaient debout à la place qui leur était allouée par la direction de l'événement. Leurs objections ont été punies peu après par de mauvais traitements : les journalistes ont été battus avec des matraques par certains membres des services de la discipline, de sécurité et de protection.
Selon le journaliste Mohammed Mashharawi, correspondant de "Sky News", un garde de la sécurité en civil lui a ordonné de quitter le lieu de la cérémonie et l’a forcé à monter dans une voiture appartenant aux forces de sécurité, à environ 18h30 du jeudi soir. Mais il a refusé d'obéir à ses ordres sans la délivrance d’un mandat d'arrêt contre lui.
Mashharawi a affirmé que, par la suite, un certain nombre des forces de sécurité l'ont battu et l'ont emmené de force à l'une des voitures de sécurité. Ensuite, il a été détenu pendant une demi-heure dans une cellule sombre dans un centre de détention à Ansar, à l'ouest de Gaza. Le journaliste a ajouté qu'il a été forcé de se déshabiller et il a été battu pendant dix minutes, avant que les services de sécurité ne le libèrent.
L'Observatoire Euro-Méditerranéen, basé à Genève, a fait plusieurs tentatives pour communiquer avec les dirigeants des multiples agences de sécurité et le ministère de l'Intérieur du gouvernement de Gaza, mais n'a pas reçu de réponse au sujet de l'agression des trois journalistes de "Sky News" et" BBC Arabic. "
Le porte-parole du gouvernement de Gaza, Taher al-Nounou, a déclaré que l'agression était "une querelle entre deux personnes sur une affaire personnelle", ajoutant que le journaliste "Mashharawi s’est avec l'un des gardes de sécurité dans le lieu, ce qui a nécessité l'intervention des services de sécurité et l’arrestation du journaliste pour une demi-heure pour enquêter sur l'incident. "
Dans le même contexte, le chef du bureau de presse du gouvernement du Hamas, Hassan Abu Hashish, a refusé de fournir sa version de l’incident. Il se limite à souligner le fait qu’une commission d'enquête indépendante a été mise en place pour trouver les auteurs de cet incident qui "est irresponsable et n’exprime pas l'attitude du gouvernement envers les journalistes", selon la source.
L'Observatoire Euro-Méditerranéen et Droit Pour Tous, basées à Genève, appellent le gouvernement de Gaza à maintenir les efforts entrepris par la Commission d'enquête et à annoncer publiquement les résultats, afin d'assurer un jugement équitable des agent de sécurité qui ont agressé des journalistes.
Les deux institutions soulignent que la justification des fonctionnaires gouvernementaux de ces attaques comme des «actes individuels» exige l'annonce des noms des agents de sécurité impliqués dans l'assaut, et les procédures juridiques nécessaires à leur encontre, pour s'assurer que cet incident ne se répètera pas.